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Bilan ménopause

La ménopause est une étape naturelle de la vie. Elle n’est pas une maladie et ne signifie pas qu’il faut automatiquement multiplier les prises de sang, échographies ou examens médicaux.

En revanche, cette période constitue un excellent moment pour réaliser un bilan ménopause personnalisé : faire le point sur les symptômes, la tension artérielle, le poids, la santé cardiovasculaire et osseuse, mais aussi vérifier que les dépistages recommandés sont à jour.

Alors, quels examens faut-il vraiment faire à la ménopause ? Faut-il une prise de sang ? Une mammographie ? Une ostéodensitométrie ? Un dosage hormonal ?

Voici l’essentiel pour mieux comprendre.

À retenir

Il n’existe pas un « bilan complet de la ménopause » identique pour toutes les femmes.

À la ménopause, certains dépistages sont recommandés en fonction de l’âge, tandis que d’autres examens ne sont réalisés qu’en présence de symptômes ou de facteurs de risque.

L’objectif n’est donc pas de « tout tester », mais de choisir les examens réellement utiles pour chaque femme.

Faut-il une prise de sang pour savoir si l’on est ménopausée ?

C’est l’une des questions les plus fréquentes en consultation.

Dans la majorité des situations, non.

Chez une femme d’âge habituel de la ménopause présentant des symptômes évocateurs et dont les règles se sont arrêtées depuis 12 mois, le diagnostic est avant tout clinique.

Il n’est généralement pas nécessaire de mesurer systématiquement la FSH ou l’œstradiol.

Le CNGOF rappelle d’ailleurs que les examens complémentaires ne sont habituellement pas nécessaires pour poser le diagnostic d’une ménopause typique. Les dosages hormonaux trouvent davantage leur place dans certaines situations particulières, notamment lorsqu’une insuffisance ovarienne précoce est suspectée.

Quand une prise de sang peut-elle être utile ?

Une prise de sang peut en revanche être proposée pour évaluer la santé générale ou rechercher certains facteurs de risque.

Selon l’âge, les antécédents, le poids, la tension artérielle et les symptômes, le médecin peut notamment contrôler :

Autrement dit, il s’agit davantage d’un bilan de santé autour de la ménopause que d’une prise de sang permettant de « mesurer la ménopause ».

Le bilan cardiovasculaire devient particulièrement important

À partir de la cinquantaine, il est utile de réévaluer régulièrement les facteurs de risque cardiovasculaire.

Cela commence par des choses très simples : mesurer la tension artérielle, suivre l’évolution du poids, discuter du tabac, de l’activité physique, de l’alimentation, du sommeil et rechercher d’éventuels antécédents familiaux.

Une prise de sang permettant de contrôler la glycémie et les lipides peut compléter cette évaluation.

En revanche, une échographie cardiaque, un Doppler des carotides ou un électrocardiogramme ne sont pas automatiquement nécessaires chez toutes les femmes simplement parce qu’elles sont ménopausées.

Ils sont prescrits lorsqu’une situation clinique le justifie.

Faut-il faire une ostéodensitométrie dès 50 ans ?

Pas systématiquement.

L’ostéodensitométrie, ou DXA, mesure la densité minérale des os et permet d’évaluer l’ostéoporose.

La diminution des œstrogènes après la ménopause accélère la perte osseuse. Mais cela ne signifie pas que toutes les femmes doivent passer une densitométrie dès leur cinquantième anniversaire.

L’examen devient particulièrement pertinent lorsqu’il existe des facteurs de risque : fracture après un traumatisme minime, ménopause très précoce, faible poids, corticothérapie prolongée, certaines maladies ou antécédents familiaux de fractures ostéoporotiques.

Le CNGOF rappelle également que l’ostéodensitométrie n’est pas recommandée systématiquement à toutes les femmes dès la ménopause.

La décision doit donc être individualisée.

Mammographie : que recommande-t-on en Belgique ?

En Wallonie, le programme organisé de dépistage du cancer du sein propose actuellement aux femmes de 50 à 69 ans un Mammotest tous les deux ans. Il s’agit d’une mammographie réalisée dans une unité agréée et bénéficiant notamment d’une double lecture.

Après 69 ans, le risque de cancer du sein ne disparaît évidemment pas. La pertinence de poursuivre une surveillance mammographique doit être discutée individuellement en fonction de l’âge, de l’état de santé et des facteurs de risque. Les autorités wallonnes ont encore confirmé en 2026 que le programme organisé reste actuellement limité aux 50-69 ans.

En cas d’antécédent personnel ou familial important, de mutation génétique connue ou de symptôme mammaire, on ne se situe plus dans le simple cadre du dépistage organisé : le suivi est personnalisé.

Frottis après 50 ans : les règles ont changé en Belgique

C’est un point particulièrement important car les recommandations belges ont évolué récemment.

Depuis le 1er janvier 2025, le dépistage du cancer du col de l’utérus repose principalement sur le test HPV à partir de 30 ans.

En Belgique :

de 25 à 29 ans, une cytologie sur frottis est prévue tous les trois ans ;

de 30 à 64 ans, le dépistage primaire repose sur un test HPV tous les cinq ans ;

après 64 ans, un dépistage de rattrapage ou de sortie peut être réalisé dans certaines circonstances, notamment lorsqu’aucun dépistage n’a été remboursé durant les dix années précédentes.

Le prélèvement reste réalisé au niveau du col : ce qui change principalement est l’analyse effectuée au laboratoire.

Il est donc devenu inexact de dire simplement qu’une femme doit faire « un frottis tous les trois ans jusqu’à 65 ans » en Belgique.

Faut-il une échographie gynécologique chaque année ?

Non, pas systématiquement.

L’échographie pelvienne est extrêmement utile lorsqu’il existe une indication : saignements anormaux, douleurs pelviennes, masse suspectée ou surveillance d’une pathologie connue, par exemple.

Mais réaliser une échographie chaque année chez toutes les femmes ménopausées asymptomatiques n’est pas un dépistage universel des cancers gynécologiques.

La consultation reste essentielle parce qu’elle permet précisément de déterminer quels examens sont nécessaires.

Et avant un traitement hormonal de la ménopause ?

Le traitement hormonal de la ménopause peut être envisagé chez certaines femmes lorsque les symptômes — notamment les bouffées de chaleur et sueurs nocturnes — altèrent suffisamment la qualité de vie.

Avant sa prescription, l’important est surtout d’étudier les antécédents personnels et familiaux, les facteurs de risque et les éventuelles contre-indications.

La Haute Autorité de Santé française rappelle dans sa réévaluation de 2025 qu’avant d’instaurer ou de réinstaurer un traitement hormonal de la ménopause, une évaluation clinique et gynécologique complète doit être effectuée et que le rapport bénéfices-risques doit être individualisé.

Un dosage systématique de toutes les hormones n’est donc pas synonyme d’un meilleur bilan.

Quels symptômes doivent conduire à consulter ?

Certains changements méritent une consultation sans attendre le prochain contrôle programmé.

C’est notamment le cas d’un saignement vaginal survenant après la ménopause. Même si sa cause peut être bénigne, il doit toujours être évalué.

Il faut également consulter en cas de nouvelle masse dans un sein, d’écoulement mammaire inhabituel, de douleur pelvienne persistante, de perte de poids inexpliquée ou de tout symptôme nouveau qui persiste.

Le bilan de la ménopause est aussi l’occasion de parler nutrition

La consultation ne se limite pas aux examens techniques.

L’évolution du poids et de la composition corporelle, l’alimentation, l’activité physique, les apports en protéines et en calcium, la consommation d’alcool, le tabagisme et la qualité du sommeil ont une place importante dans la prévention à long terme.

Une prise de poids n’est pas simplement une question esthétique. Elle peut conduire à rechercher une hypertension, un prédiabète ou un diabète, une dyslipidémie et, selon le contexte, d’autres anomalies métaboliques.

L’objectif est de considérer la femme dans sa globalité plutôt que de traiter séparément chaque symptôme.

Il n’existe donc pas de « check-up universel » de la ménopause

C’est probablement le message le plus important.

Deux femmes de 52 ans peuvent avoir besoin de bilans très différents.

L’une, sans symptôme et sans facteur de risque particulier, aura surtout besoin de vérifier ses dépistages, sa tension artérielle et ses facteurs de risque cardiovasculaire.

Une autre pourra nécessiter une évaluation osseuse parce qu’elle a présenté une fracture ou une ménopause précoce.

Une troisième consultera principalement pour des bouffées de chaleur, des troubles du sommeil, une sécheresse vaginale ou des troubles urinaires.

Le bon bilan ménopause n’est donc pas celui qui comporte le plus d’examens : c’est celui qui correspond à votre âge, vos symptômes, vos antécédents et vos facteurs de risque.

FAQ – Bilan ménopause

Quelle prise de sang faire à la ménopause ?

Il n’existe pas une prise de sang obligatoire pour toutes les femmes. Selon le contexte, le médecin peut notamment contrôler la glycémie et le bilan lipidique et rechercher d’autres anomalies en fonction des symptômes et des antécédents.

Faut-il doser la FSH pour confirmer la ménopause ?

Habituellement non lorsque la ménopause survient à l’âge attendu avec une histoire clinique typique. Certaines situations particulières peuvent cependant justifier des dosages hormonaux.

Faut-il faire une densitométrie osseuse à 50 ans ?

Pas systématiquement. L’indication dépend notamment des facteurs de risque d’ostéoporose et de fracture.

À quelle fréquence faire un frottis après 50 ans en Belgique ?

Depuis 2025, entre 30 et 64 ans, le dépistage belge repose sur un test HPV tous les cinq ans, réalisé à partir d’un prélèvement cervical. Il ne faut donc plus retenir automatiquement l’ancienne règle du frottis cytologique tous les trois ans.

Faut-il continuer à consulter son gynécologue après la ménopause ?

La fin des règles ne signifie pas la fin du suivi de la santé féminine. Les besoins évoluent : dépistages, symptômes génito-urinaires, santé mammaire et osseuse, sexualité, prévention cardiovasculaire et éventuelle discussion d’un traitement de la ménopause peuvent justifier un suivi personnalisé.

En conclusion

La ménopause est un moment privilégié pour faire le point sur sa santé, mais davantage d’examens ne signifie pas nécessairement une meilleure prévention.

Mammographie, dépistage HPV, prise de sang, ostéodensitométrie ou examens complémentaires doivent être proposés au bon moment et à la bonne personne.

Un bilan personnalisé permet ainsi de distinguer ce qui relève du dépistage recommandé, de la prévention et des examens nécessaires en fonction des symptômes.

Pour faire le point sur votre ménopause et déterminer les examens adaptés à votre situation, le Dr Isabelle Van Wuytswinkel, gynécologue-obstétricienne, reçoit notamment ses patientes à Beaumont, Gerpinnes et Gosselies (Charleroi).

Cet article fournit une information générale destinée au grand public et ne remplace pas une consultation médicale individuelle.